Lettre ouverte à Dieu

Publié le par Oark

Lettre ouverte à Dieu

 

 

Bonjour Dieu,

 

Tout d’abord permets-moi de te tutoyer car, dans l’hypothèse où tu existe, en ta qualité d’être immanent et omniscient, tu comprendras que le vouvoiement est un obstacle à notre compréhension mutuelle ; et j’entends bien que tu comprennes parfaitement ma missive.

 

Je t’écris aujourd’hui car - je te l’avoue par l’intermédiaire de cette lettre - j’ai depuis longtemps eu un problème avec toi, bien que je ne t’ai encore jamais rencontré de visu et que beaucoup de gens te décrive comme quelqu’un de sympathique, mais, comme le dit la sagesse populaire, « on est toujours le con d’un autre ». D’ailleurs il est possible que, de ton point de vue, c’est ma personne que tu as en horreur et dont tu moques à longueur de journée avec tes potes qui ne croient pas plus que toi en mon existence ; mais cela n’est pas la question. Mon problème est que je n’ai jamais réussit à bien cerner ta personnalité : Je ne saurai dire au jour d’aujourd’hui si tu es méchamment sadique, je-m’en-foutiste inconscient, ou paternaliste « à la dure ».

 

Le genre de papa qui te colle régulièrement des torgnoles parce que tu n’as pas creusé assez profondément la tranchée dans le jardin et que creuser des tranchées, ça forge le caractère et que c’est ça qui fait qu’on devient un homme, un vrai et que jamais mon fils à moi ne sera pas une lopette, parce que les lopettes, ca devient des pédés et qu’il y aura jamais de pédés sous mon toit !

 

N’importe quel enfant subissant un paternel de cet acabit aurait déjà fugué depuis longtemps et, dans le cas où il le pourrait pas, s’il était enfermé comme nous le sommes dans une grande maison sphérique ; il aurait haït ce géniteur et rejeté en bloc tout ce qui, de près ou de loin, semble provenir de lui.

 

Mais pas nous : en véritables enfants sages et martyrs nous buvons tes paroles comme de l’eau pure, nous les érigeons au rang de règles absolues, nous déifions ta sagesse légendaire et nous nous prosternons devant ton savoir infini, ton amour désintéressé et ta miséricorde.

 

Alors que des torgnoles, on en a pris ! J’imagine bien comment cela doit se passer là haut : « Ha ces jeunes idiots, c’est un bon cataclysme sismique qu’il leur faudrait pour les calmer » ou « Tiens il faudrait si je leur envoyait un petit Armageddon , ça leur forgera le caractère » ou encore « Rien de mieux qu’une famine et un bon petit millier de morts pour bien apprécier la valeur de la vie ».

 

Ou alors… tu n’existe pas. A vrai dire, cela ne me surprendrais pas le moins du monde, et bien qu’un peu déçu de manquer de justesse l’éternité, les cotonneux nuages du paradis, les vierges par milliers, la réincarnation ou que sais-je encore, je pourrais toujours me réjouir, à l’heure du jugement dernier qui n’aura finalement pas lieu, d’avoir eu raison pendant toutes ces années ainsi que d’empocher la coquette somme des 20 euros que j’ai parié avec mon pote Rodolphe à propos de toi.

 

Sur ce, bonne semaine et repose-toi bien dimanche.

Publié dans Textes

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Alice 04/06/2009 21:56

 cme je te l'ai déjà dis n j'adore cettre lettre ouverte !