Dieu n'est pas celui qu'on croit - chapitre 2

Chapitre précédant

 

 

 

Chapitre 2]

 

J’avais décidé de m’intéresser de près à mon ancienne planète au moment où j’avais pris conscience de mon pouvoir absolu ;  en effet, cette idée avait été formulée au sein de mon nouvel esprit en même temps qu’une infinité d’autres, allant de l’interaction entre un ion et un proton dans une mare de la planète Zag, jusqu’à l’extinction de la massive super nova Arama.

 

Pour que cette histoire reste compréhensible pour le commun des mortels, je me contenterai de relater mes pensées ayant trait à la troisième planète en partant du soleil de la galaxie 98.545 de l’univers 876.723.127.845.931, car je crains que dérouler le flot infini de réflexions qui se dans mon esprit, ne serve pas réellement mon propos.

 

Je jetais donc un regard à la globalité des activités se déroulant sur la Terre, car tel était le nom de la troisième planète en partant du Soleil, etc. vous avez compris.

 

En moins de temps qu’il n’en faut à un Dieu pour créer un univers, j’avais compris le réel problème de cette bande d’anthropomorphes qui se multipliaient à la surface.

 

« Mais ils sont stupides ma parole ! »

 

Dans un autre temps, je me serai contenté de faire 100 fois le tour de toutes les douches et chambres à coucher du monde afin de contempler des femmes nues par millions, mais je réalisais désormais que j’avais un devoir du fait de mon nouveau statut et que je ne pouvais me permettre de laisser l’Humanité se détruire elle-même. Je n’étais pas vraiment impartial car toujours attaché à ma planète d’origine, mais j’étais encore un jeune Dieu inexpérimenté et il me manquait la sagesse qui sied à ce poste si particulier.

 

Au même moment - il est difficile de transcrire la simultanéité dans un récit - je décidais d’agir et d’influer rapidement sur leur vie, tout en leur laissant jouir de leur libre arbitre. Toujours au même moment, je fis une apparition énorme, gigantesque, monumentale, une représentation de mon ancien corps, mais 10 000 de fois plus grande et dotée d’une voix qui s’entendit partout sur la planète.

 

« Ecoutez-moi habitants de la Terre. Je suis votre Dieu, seigneur de tous les univers et particulièrement du vôtre… »

 

La panique qui s’ensuivit fut proportionnelle à la taille de mon avatar. Je continuais malgré tout mon discours de paix et d’amour, tandis que les gens fuyaient en hurlant.

 

« Respectez votre prochain ! Aimez-vous ! Ne faites plus la guerre ! Ne détruisez plus la nature ! Utilisez à bon escient vos ressources !

 

Je m’arrêtais tout à coup car je me rendis soudain compte que plus personne ne m’écoutait, trop occupés qu’ils étaient à céder à la panique.

 

Les religieux criaient à l’apocalypse et à la fin des temps, les athées sentaient leur raison vaciller, les agnostiques imploraient à genou mon pardon ou d’autres idioties de ce genre, tandis que certains, devenus fous à lier, se jetaient par les fenêtres ou du haut des ponts. Je les rattrapais au vol en augmentant fortement les frottements de l’air sur la trajectoire de leur chute, mais, finalement lassé de lire l’incompréhension et la peur dans leurs yeux, j’en laissais s’écraser au sol. Dans la totalité des bases militaires du monde, l’état d’urgence était déclaré et des nuées de petits avions de chasse, semblables à de minuscules moustiques, se ruaient sur mon apparition géante, en vain.

 

J’attendais patiemment que le calme revienne ou tout au moins que les gens cessent de gesticuler de façon désordonnée et décidais d’adopter une nouvelle stratégie. Il me faudrait y aller pas à pas dans mes revendications et surtout, que mon entrée en scène soit moins spectaculaire.

 

J’apparus alors devant chaque habitant de la terre. Sur les chiffres de la sécurité routière de l’année suivante, les statisticiens noteraient un pic d’accidents de la route à ce moment précis. Mais pour le moment, je me contentais de parler à l’espèce humaine en la fixant dans ses milliards d’yeux.

 

« Bonjour à toi, et je prononçais alors le prénom de mes interlocuteurs respectifs. Tu ne dois pas avoir peur de moi : je suis Dieu, mais je ne veux que ton bien et le bonheur de l’Humanité toute entière. Ecoute-moi bien »

 

« J’ai plusieurs commandements à t’imposer, et ce, pour le bien de tous et de chacun. Pour que ce ne soit pas trop dur, il n’y aura qu’un seul ordre supplémentaire par semaine. Voici le premier : tu ne tueras point. A la semaine prochaine et sache que rien ne m’échappe. »

 

Je laissais six milliards de terriens abasourdis : il ne me restait plus qu’à attendre pour observer les résultats de mon action.

 

 

 

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